Aurélie Foussard - Symétries
20 07 2008En avril dernier, Aurélie Foussard présentait à Lyon une sélection de photographies. L’approche thématique permettait de découvrir sous un jour nouveau l’une de ses dernières séries réalisée au Japon comme l’indique son nom Japan 2006. Elle prenait pour support une vingtaine d’architectures du grand Tadao Ando.
Ses photographies carrées d’un mètre de côté possèdent un pouvoir visuel indéfinissable et saisissant qui donne envie de creuser un peu le sujet… D’abord leur beauté délicate nous happe, mais celle-ci n’est qu’un appât, l’erreur serait de s’arrêter là. Parfois on croit reconnaître un Sean Scully, un Barnett Newman ou un Daniel Buren. Ses compositions qu’on jurerait héritées de l’Art Concret sont dignes d’un François Morellet. Et pourtant ce sont bien des photographies.
Les détails d’architecture sont photographiés de manière à constituer un agencement de formes géométriques simples qui met en évidence la surface plane de la photographie et accentue son caractère superficiel. A première vue on pourrait donc croire qu’Aurélie Foussard s’essaie à faire de la peinture avec un appareil photo. D’ailleurs dans chaque œuvre il y a une vraie facture. Ce sont les aspérités d’un mur, une ombre ou un flou photographique qui semblent mimer le coup du pinceau, un aplat au couteau, un effet de matière. Rien d’étonnant donc si de loin vous avez pu prendre l’image pour un tableau. Mais alors est-ce qu’Aurélie Foussard aurait décidé de bannir de son travail LA dimension justement révélée par la photographie : la troisième ? Evidemment non. Elle l’utilise au contraire savamment, la plaçant au cœur même de son travail, sur un fil, avec tant d’habileté et de finesse que parler de trompe-l’œil reviendrait à caricaturer cet effet particulier.
En s’approchant petit à petit, découvrant chaque touche, chaque effet de matière, en décortiquant chaque petit détail soigneusement posé là, on finit par voir se creuser cette troisième dimension qui perce délicatement la surface, un peu comme une affiche qui se décolle. Le trapèze se métamorphose en mur, le rectangle en fenêtre… et l’espace prend toute sa mesure ou sa démesure. Il y a une fragilité dans ce passage incertain à la troisième dimension qui n’est pas sans rappeler les « zips » de Barnett Newman, dans cette volonté d’atteindre l’image absolue, l’Idée vraie.
L’exposition est finie mais la photographe vient tout juste d’ouvrir sa galerie en ligne, découvrez ces derniers travaux sur www.aureliefoussard.com
By Sophie.









Des photos splendides, à quand la prochaine expo?
J’ai invité Aurélie Foussard à te répondre..
merci Sophie.
Alors, en principe la prochaine expo aura lieu chez un particulier, pas très loin de Lyon. Rien n’est encore défini mais je pense exposer à cette occasion une série un peu différente des photographies que je réalise habituellement…Mystère mystère à découvrir à l’automne prochain!
Bravo pour cet article, trés belle exposition.
Merci Sophie.
Ton travail est superbe aurelie !!!