Exposition Keith Haring (1958-90) au Musée d’Art Contemporain de Lyon
28 06 2008Depuis quelques années le MOCA de Lyon se défonce, après Warhol, Keith Haring. Une exposition monumentale à ne rater sous aucun prétexte…
Keith Haring, on le connaît tous sans le savoir. Comme Warhol, ses œuvres on les a d’abord vues sur des T-shirts, des mugs ou des cartes postales. Et bien plus tard on a su que c’était de l’Art.
Haring a développé un art populaire hérité du Pop Art, qui se voulait accessible à tous. Comme Jean-Michel Basquiat, il a d’abord dessiné sur les murs de New York, ceux du métro surtout. Il s’armait d’une craie blanche et remplissait de dessins les espaces publicitaires inutilisés et recouverts de papier noir. D’une incroyable productivité, Keith Haring exécutait jusqu’à 40 Subway drawings en une journée.
Il évolue dans le milieu Underground du New York des années 70, fréquente Warhol, Lou Reed, Madonna ou Grace Jones, s’imprègne du graffiti, du rap et du break dancing. D’ailleurs Keith Haring ne peint jamais sans son transistor.
Il effectue de monumentales peintures murales, à Sydney, Rio de Janeiro, New York, Paris, Amsterdam, Pise ou Berlin, recouvrant les murs de ses symboles à la fois simples et expressifs : personnages stylisés, chiens (la nature), serpents (l’énergie ou la menace), soucoupes volantes (le pouvoir), ordinateurs et télévisions (technologies déshumanisantes), Mickey Mouse (culture populaire). Le « style Haring » devient l’un des langages visuels les plus populaires du 20ème siècle. Le fameux Radiant Baby devient son logo, il symbolise l’énergie, la joie de vivre et la pureté de l’enfance.
Avec un trait continu et dynamique, des couleurs vives et gaies, un vocabulaire graphique percutant, Haring aborde le racisme, la violence, la technologie moderne destructrice, l’emprise des pouvoirs religieux et économiques… Il milite contre la drogue et lutte contre le sida en distribuant des tracts et des affiches ou en peignant d’immenses fresques aux allures de panneaux publicitaires comme Crack is Wack (La drogue c’est nul) au bord de la Highway à New York.
Entre 1982 et 1989, il consacre la plupart de son temps à des œuvres publiques souvent créées pour des œuvres de charité, des hôpitaux (Hôpital Necker à Paris), des orphelinats et des centres pour les enfants. Véritable idole de la jeunesse et des « kids », il prendra toujours position pour eux. Plusieurs murs peints de l’artiste ont d’ailleurs été réalisés en collaboration avec des enfants.
En 1986, il crée le Pop Shop, une boutique où il vend les produits dérivés de ses œuvres (T-shirts, jouets, pins, posters). Cette démarche inédite et avant-gardiste n’est pas appréciée du monde de l’art, elle lui vaudra les critiques des galeristes et conservateurs. La majorité des revenus générés par le Pop Shop est versée à des œuvres caritatives.
En 1988, il apprend sa séropositivité, il crée la Fondation Keith Haring qui mène aujourd’hui des actions pour les enfants et participe à la lutte contre le sida.
En général quand on va voir une expo de ce genre, que l’on parcourt des yeux ces œuvres immenses on se dit qu’on a rentabilisé l’entrée. Avouez qu’on zappe un peu les documents photo et puis les films qui durent trois plombes. Cette fois croyez-moi, changez vos habitudes. A voir absolument : le diaporama et le film documentaire. Vous sortirez impressionnés ! Comme Schubert, Keith Haring n’a vécu que 32 ans… Vraiment on se demande comment il a trouvé tout ce temps…
Prolongation jusqu’au 13 juillet.
By Sophie.











Très bel article ! J’avais vu l’expo Wharol à Lyon en 2005 je crois … Dommage que je ne sois plus sur Lyon pour voir celle-ci
Merci Alice pour le compliment. L’expo montrait très bien l’investissement social de Haring pour de belles causes, ça donnait envie d’en parler…