Exposition : Le design à l’ère spatiale. Le design européen 1955-85.
8 10 2007Le musée d’art moderne de Saint-étienne présente jusqu’au 14 novembre 2007, l’exposition “le design à l’ère spatiale”, affiche d’un design européen de 1955 à 1985.
L’exposition analyse à travers la collection design du musée, une période articulée sur “Les Trente Glorieuses”, années de redressement et d’intense développement. Le rééquipement des ménages apporte ses nouveautés et ses nouvelles matières, l’innovation et la miniaturisation développent les loisirs, la prouesse technique assure une révolution dans les modes de production et d’éditions des objets.
Cette forte consommation est dopée par l’arrivée des nouvelles matières : plastiques, mousses, structures gonflables, aluminium… Le plastique comme un caméléon se forme à l’imagination débordante des designers, rêvant comme les scientifiques des années 60, d’une conquête de l’espace. 1961 est l’année du premier voyage dans l’espace de Youri Gagarine à bord de la capsule Vostok.
La première salle laisse la parole aux coloristes, à la propagande d’un court métrage d’Alain Resnais : “le chant du styrène”(1958) et surtout aux témoignages des objets du quotidien : radio Weltron, machine à écrire Olivetti, Lampes de Vico Magistretti, Balance de Zanusso, Yaourthière de Seb…. On pourra d’ailleurs apprécier un monochrome d’objets orange.
La jeunesse en pleine révolution culturelle est totalement séduite par ses objets peu coûteux, utiles ou simplement décoratifs. L’univers du tout plastique se développe avec leurs revendications. Le Design devient un outil de communication.
Les industriels comme Kartell, Brionvega, le comprennent vite et invitent les designers à développer avec eux de nouvelles matières pour l’habitat. Verner Panton et Joe Colombo en bénéficient pour leurs créations, tandis que Prisunic démocratise ce design à petit prix en éditant de jeunes designers.
Cependant, les chocs pétroliers du début des années 70 eurent raison de ce mouvement. Pesce, le groupe Menphis, Sottsas et d’autres rejettent la priorité d’un design utile contre un design imaginatif. Le designer, toujours à la recherche du développement des nouvelles matières, s’oriente cette fois-ci vers une nouvelle approche : attirance/répulsion, motifs expressifs, formes géométriques, couleurs pastels, les surfaces s’habillent désormais des stratifiés les plus provocants.
La scénographie est claire, le visiteur trouvera beaucoup de plaisir à découvrir en vrai des créations que nous avions l’habitude d’observer dans les livres sur le sujet. Cependant je regrette de n’avoir pu observer de plus près comme dans les autres parties du musée d’art contemporain, des pièces rares, comme les oeuvres de Roger Tallon, du groupe Memphis, ou encore de Pesce. L’exposition vaut le coup d’oeil pour les amoureux du design, avec pour une fois, une analyse à la portée de tous.
Site Web : www.mam-st-etienne.fr







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